Ces bandes dessinées qui évoquent la maladie avec justesse

Littérature

Parfois, les dessins ont plus de poids que les mots. D’autres fois, il faut user des deux pour être le plus transparent possible. Notamment lorsqu’on aborde un sujet sensible, comme la maladie. Un thème difficile, traité avec poésie et bienveillance dans ces BD. Des ouvrages destinées à tou.te.s : malades ou proches de malades, pourvu qu’on ait le coeur ouvert.

A la vie !

Par Xavier alias l’homme étoilé ; publiée en janvier 2020 aux éditions Calmann-Lévy

« A la vie ! », c’est un peu comme la voie lactée ; on se dit qu’elle est forcément née du génie de quelqu’un et elle éveille en nous bienveillance et empathie… Xavier alias l’homme étoilé, c’est cet infirmier / illustrateur star des réseaux, qui compte plus de 100 000 abonnés sur Instagram ! Dans cette BD, il nous montre les soins palliatifs comme nous ne les avons jamais vu : bien installés entre une abondance de tendresse et une sacré tranche d’humour. L’ouvrage dépeint sans complexe ni pathos (mais avec beaucoup de pudeur et d’amour), le subtil ballet qui s’opère entre les patients et les soigneurs de ce lieu où l’on vient pour mourir. 192 pages de dessins dynamiques, enjoués et drôles qui nous plongent dans le quotidien d’un service pas comme les autres…

Instagram @l.homme.etoile

In Waves

Par AJ Dungo ; publiée en août 2019 aux éditions Casterman

Aj Dungo aime Kristen et inversement. Mais Kristen est malade. Kristen aime la mer et le surf ; elle se bat contre le cancer avec le sourire aux lèvres et une nonchalance qui ressemble aux imperturbables marées marines. Et parce que le dessinateur est plein de pudeur, il met le surf comme deuxième personnage principal de son histoire, en intercalant dans son récit autobiographique sur le deuil, l’amour et la résilience, un exposé détaillé de l’histoire de cette pratique ancestrale. L’ouvrage est plein de bleu (ou peut-être de vert d’eau ?), magnifique. On se laisse happer par les douces illustrations, à chaque page, comme on se laisserait happer par l’océan, allongé.e sur une planche, à la merci des vagues. Un récit brutal, honnête et plein d’espoir.

In Waves © Casterman

La parenthèse

Par Elodie Durand ; publiée en mai 2010 aux éditions Delcourt

Cette BD a remporté le Prix Révélation du festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2011. Ce prix récompense un premier album. La dessinatrice Elodie Durand y évoque la lente perte de soi. A 21 ans, on lui diagnostique une épilepsie grave qui amènera à la découverte d’une tumeur cérébrale. « J’étais un monstre (…) Ma tête était une prison » écrit-elle. Tout au long des 221 pages, la jeune femme évoque les quatre années de sa vie que la maladie neurologique a voilé d’un flou immuable. Judith, l’alter égo de l’auteure dans la BD présente aux lecteurs une maladie méconnue, à travers les méandres de sa propre mémoire qui lui a fait longtemps douloureusement défaut. Un récit juste, élevé par des dessins très épurés, parfois presque brouillons, et quelques croquis datant de sa convalescence.

La Parenthèse © Editions Delcourt

C’est comme ça que je disparais

Par Mirion Malle ; publiée en janvier 2020 aux Editions la ville brûle

Cette bande-dessinée fiction met en scène Clara, une jeune femme à bout de nerfs, perdue, déconnectée d’elle-même… Bref, en proie à la dépression, une maladie encore trop tabou. 208 pages de dessin en noir et blanc à travers lesquels on suit les amours, les peines et les joies de l’héroïne et des personnages qui composent sa vie. Un quotidien montréalais dans lequel Mirion Malle évoque avec réalisme et poésie des sujets qui lui sont chers, comme le féminisme (notamment la sororité), les années 2000 et les réalités de la vie de jeune adulte. Un plongeon en pointillé, tendre et pudique, au coeur de la santé mentale.

C’est comme ça que je disparais © Editions la ville brûle

Trois grammes

Par Jusie Shin ; publiée en avril 2012 aux Editions Cambourakis

A vingt-six ans, la dessinatrice sud-coréenne Jisue Shin, auteur de cet ouvrage de 192 pages, apprend qu’elle a un cancer des ovaires. A travers des illustrations enfantines (majoritairement monochromes et dont on ne peut nier l’emprunte de la culture coréenne), elle raconte avec honnêteté et humour le quotidien de la maladie ; du traitement (long et pénible), à cette journée de printemps où fleurissent les cerisiers, symboles de rémission. Un tourbillon d’émotions et de douceur amer qui dévoile une véritable ode à la famille et aux proches qui restent… Mais aussi à la vie, finalement, puisqu’elle triomphe.

3 grammes © Editions Cambourakis

Cancer and the City

Par Marisa Acocella Marchetto ; publiée en septembre 2007 aux Editions l’Iclonoclaste

Marisa Acocella Marchetto est une femme accomplie et heureuse, illustratrice pour The New Yorker et Glamour. À 43 ans, sa vie est idéale : une carrière au sommet, une vie amoureuse épanouie, une vie mondaine exaltante dans les milieux les plus branchés de Manhattan… Jusqu’à ce qu’elle apprenne une terrible nouvelle : un cancer du sein. Il y a d’abord les larmes, et puis la bataille, les joies ; neuf mois de courage et d’authenticité racontés grâce à des dessins à l’américaine, drôles et décapants. Ici, le pathos n’a pas sa place ! Cette BD est à l’image de son auteure : pleine de vie, attachante, féminine et inspirante. Un genre de Sex and the City plein d’espoir qui lève le voile sur une maladie effrayante.

Cancer and the City © lclonoclaste

Je vais mieux, merci

Par Brent Williams et Korkut Öztekin ; publiée en mai 2018 aux Editions Tchou

300 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde. Pourtant, trop souvent, on minimise les souffrances causées par cette maladie mentale. L’avocat et réalisateur néo-zélandais Brent Williams l’a combattu et a gagné la bataille ! Son histoire, il la raconte dans cette BD illustrée avec talent par Korkut Öztekin. Les aquarelles du dessinateur turc sont gracieuses et très réalistes. C’est un joli guide bienveillant qui explique comment appréhender le quotidien sans la dépression et reprendre le contrôle de sa vie… Une bouffée d’espoir colorée.

Je vais mieux, merci © Tchou

Clotilde Boudet

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