« La voie de la justice » : Coupable d’une déception

Cinéma / Séries

Sur le papier, La voie de la justice a tout d’un grand film. Un sujet tiré d’une histoire vraie, une critique de la peine de mort et du racisme et un casting quatre étoiles. Il était déjà perçu comme le digne successeur de La ligne verte, avant sa sortie. Et pourtant, quelle désillusion...

Destin Daniel Cretton, le réalisateur du film, a réussi l’exploit de rendre une lutte contre la peine capitale d’un ennui mortel. Le long métrage est adapté de la biographie de Bryan Stevenson, personnage principale, Just mercy : A Story of Justice and Redemption, parue en 2014. Il retrace son combat contre la peine de mort dans l’état d’Alabama aux Etats-Unis et notamment la condamnation de William McMillian, simple bucheron qui a failli se retrouver sur la chaise électrique pour un crime qu’il n’avait pas commis. Sa seule faute étant d’être noir dans l’Amérique des années 1980. Une histoire vraie qui ne suffit pas à donner de l’épaisseur au film. 

Un manque d’émotion 

Dans un scénario comme celui-ci, le spectateur s’attend à ressentir douleur, injustice et tristesse auprès des personnages face aux événements qu’il affronte. Ici rien. Destin Daniel Cretton reste très superficiel. Ses protagonistes n’ont aucune profondeur. Ils ne sont pas développés et leur relation n’évolue pas du début à la fin. Une complicité factice qui n’atteint jamais son but : nous faire frissonner. Pourtant, le casting était prometteur avec Michael B. Jordan dans le rôle de Bryan et Jamie Foxx interprétant William McMillian. Mais aucun des deux n’arrive à sublimer son personnage. Soit dans une retenue étrange pour celui qui a joué Adonys Creed soit dans un surjeu maladroit pour l’autre. L’émotion ne passe pas. Et ce ne sont pas les trop nombreux plans serrés pour tenter de capter le moindre plie du visage qui y changeront quelque chose. L’absence volontaire de musique par moment illustre parfaitement son problème. Le film essaie. Le film échoue.

Quand l’absence de la moindre ambiance sonore veut installer une proximité entre les spectateurs et les personnages, elle ne fait que mettre en avant des acteurs qui ne sont pas au sommet de leur art. 

Le manichéisme tue le film

Les riches contre les pauvres, les blancs contre les noirs. On pourrait résumé La voie de la justice de Destin Daniel Cretton aussi simplement. Évidemment que l’histoire est bien plus complexe que ça mais le film ne peut s’empêcher de nous la présenter sous cet angle. De nombreuses scènes sont grossièrement écrites, les dialogues sont parfois très plats et sans vraiment d’intérêts. C’est pourtant l’essence même du film. Le réalisateur et les scénaristes n’ont pas fait l’effort de la nuance dans l’écriture. On ne s’attache ni aux personnages principaux ni aux secondaires. Ce qui leur arrive nous atteint difficilement. Quelque soit la mise en scène utilisée ou les larmes bien trop surjoué de Jamie Foxx. Le film n’arrive jamais à embarquer le spectateur avec lui. Parfois trop superficiel, parfois trop long, le long-métrage ne réussi jamais à trouver un équilibre juste et pertinent.

Il aurait pu être un film coup de poing déchaînant les passions, devenant le porte-étendard de la lutte contre la peine de mort. Il n’est qu’un énième projet préférant rester dans les clichés confortables d’un long-métrage tout juste passable

Alexis Gourret

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