Birds of Prey : un film qui vole au dessus d’un nid de problèmes

Cinéma / Séries

Harley Quinn est de retour ! Quatre ans après son apparition dans le catastrophique Suicide Squad, l’arlequin préféré de l’univers DC revient pour un deuxième numéro. Sans être un très bon film, Birds of Prey reste toutefois plus agréable que son prédécesseur. 

Le DC univers n’est pas encore mort. Si le succès de Joker pouvait laisser penser que la franchise avait tiré une croix sur cette idée, la réalisatrice Cathy Yan prouve le contraire avec Birds of Prey et la fantabuleuse histoire d’Harley Quinn pour le meilleur et pour le pire. 

Le film se place dans le même monde qu’Aquaman, Shazam, et évidement Suicide Squad dont il est la suite directe. Harley Quinn vient de rompre définitivement avec le Joker. Une nouvelle qui ne tarde pas à faire le tour de Gotham. L’arlequin a perdu sa protection, tout le monde veut sa mort. Pour s’en tirer, Margot Robbie va devoir retrouver un diamant volé par une très jeune pickpocket à Black Mask (Ewan Gregor) sur qui enquête Renee Montoya depuis quelque mois. Un scénario MacGuffin banal et sans grand intérêt mais souvent utilisé pour présenter un univers et des personnages de manière efficace. 

Trop de nuage dans le ciel pour voler 

Le long métrage divertissant par instant souffre surtout d’un énorme problème de narration. Avec une voix off bien trop présente, le film enchaîne des allées et venues perpétuelles au sein du récit. Une construction qui agace le spectateur et se perd dans un dynamisme artificiel. Une forme qui n’aurait pas posé problème si le personnage de Harley Quinn n’était pas aussi irritant. À la manière de Deadpool, Margot Robbie brise constamment le quatrième mur, en parlant directement à la caméra ou en s’adressant au public à travers la voix off. Une idée qui fonctionne un temps mais qui parasite le récit pour essayer de paraître « cool ». C’est le problème du film en général: vouloir être cool, fun à tout prix. On met une bande son que tout le monde adore, de la vanne un peu partout, des références à Batman en pensant que le tour est joué. Sauf que ce n’est pas aussi simple. 

Ewan McGregor dans le rôle de Black Mask

À force de se vouloir « déjanté » Birds of Prey en oublie l’essentiel. À commencer par le développement des personnages. Le plus dur dans un film d’équipe voire choral comme celui-ci, c’est d’approfondir de manière plus ou moins équivalente chacun des personnages principaux. Ici ce n’est pas le cas, ils sont tous monolithiques. Caractérisés par une émotion : celle qui se met toujours en rogne, celle qui est d’une gentillesse sans pareil ou encore celle que l’on perçoit comme la flic hargneuse. Seule Margot Robbie s’en tire à bon compte (heureusement, le film se centre principalement sur elle). À noter la contre-performance d’Ewan McGregor qui signe un de ses plus mauvais rôles. En surjeu constant, son Black Mask est risible. La musique (trop) omniprésente soutient le tout. Une canne pour aider le film à décoller. Sans surprise, ça ne fonctionne pas.

Une nette amélioration chez DC 

Bird of Prey ne sera pas la bouée de sauvetage du DCEU (DC Extended Univers). Malgré cela, il n’est pas dépourvu de certaines qualités. Les scènes de combat sont prenantes. La caméra est mobile, les chorégraphies sont légères, dynamiques et surtout très lisibles. Un détail appréciable dans un film du genre. Cathy Yan fait preuve d’inventivité pour mettre en valeur certaines scènes notamment pour l’affrontement final où le décor se mélange parfaitement à l’action. La photographie est travaillée puis tenue tout le long du métrage. Mention spéciale à l’interrogatoire d’Harley Quinn. La fin du film donne étrangement envie de voir une suite. Maintenant que les personnages sont posés (maladroitement mais posé tout de même) il serait dommage de ne pas en profiter. 

Enfin, il est impossible de parler de Birds of Prey sans évoquer Suicide Squad. Le film se place dans la même ambiance. Remplacez l’équipe par des femmes, rajoutez plus de blagues, corrigez les erreurs du prédécesseur et vous avez sa suite au féminin. Birds of Prey et fantabuleuse histoire de Harley Quinn vole bas certe, mais vole quand même. 

Alexis Gourret

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